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De la haine à la guerre il n’y a qu’un pas

par Redaction, septembre 19 de 2019.

De la haine à la guerre il n’y a qu’un pas

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par Redaction

En ces temps d’inquiétude et d’incertitude face à la décision de quelques membres de la guérilla des FARC-EP, nous devons prendre position avec lucidité et altruisme.

En ces temps d’inquiétude et d’incertitude face à la décision de quelques membres de la guérilla des FARC-EP de reprendre la lutte armée pour résoudre le conflit politico-social qui atrophie la Colombie et ses habitants depuis plus d’un demi-siècle, nous devons prendre position avec lucidité et altruisme.

La guerre que personne n’a jamais gagnée, ni dans un camp ni dans l’autre, n’a réussi qu’à mettre des vies en jeu et nous confirme que le rêve d’un pays en paix nécessite plus de volontés, d’actions concrètes et de conviction. La direction malheureuse que quelques membres des FARC-EP ont prise aboutit à rendre un culte aux armes et à s’égarer dans la même impasse que ses ennemis : le chemin anachronique de la violence.

Tous deux font la sourde oreille à ceux qui croient que la Colombie ne se réduit pas à une culture violente : un peuple capable de dialoguer et de dépasser les grandes injustices qui accablent la société.

Cette guerre n’est pas la nôtre mais ils veulent nous faire croire qu’elle l’est. Parier sur l’élimination d’un ennemi par les balles, c’est méconnaître notre histoire et croire ingénument qu’un gant de fer forgera un avenir meilleur. Les tirs croisés n’ont fait qu’annihiler les alternatives et rendre invisibles les processus réels de construction politique pour le pays.

Les implications de réarmer la guérilla sont claires : attiser la haine d’une société profondément injuste avec plus de dédain, investir dans plus d’armes et de programmes de militarisation, passer notre temps et notre énergie à exacerber nos différences au lieu de chercher ce qui nous unit en tant qu’habitants de ce territoire appelé Colombie.

La poursuite de la guerre interne affecte principalement les territoires ruraux, c’est-à-dire les paysans, les Indiens, les communautés noires. Ceux-là même qui travaillent la terre et conservent nos cultures. Ceux-là même qui sont sans protection, les oubliés par l’État-nation. Ceux-là même qui ont exprimé leur désir d’une issue négociée au conflit armé.

Le non-respect des accords conclus à La Havane a frustré tout un peuple qui désire transformer la réalité de la campagne colombienne, reconnaître les atteintes aux droits des femmes et des groupes ethniques, ainsi que construire des outils institutionnels de paix capables de poser les bases d’une réelle cohabitation.

La défaite de la paix est aussi la conséquence de la distorsion médiatique continuelle qui étouffe les voix du changement réel, cristallise les débats et les paroles et influence le conformisme et le silence face à l’assassinat de leaders agents de changement.

La crise en Colombie est un reflet de la situation globale. Pour des changements réels et concrets, on a besoin d’actions profondes et radicales. Pour cela, aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin d’une réelle ouverture politique.

Faire la paix exige du courage, et ces difficultés doivent être comprises comme un appel à réinventer et à rompre avec les méthodes castristes de la gauche idéologique du passé.

De la haine à la guerre il n’y a qu’un pas.

La note positive est que ceux qui persévèrent en faveur d’une Colombie sans guerre sont les plus nombreux alors les discours pour la déshumanisation du conflit sont e plus en plus visibles et infondés. Depuis l’étranger, la communauté internationale doit multiplier ses efforts pour accompagner le respect des accords et ouvrir de nouveaux espaces à ceux qui croient en un futur avec plus d’éducation, d’inclusion et de mémoire historique.

Juan S Santoyo Sanchez

 

 

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