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Droits Humains

Recrudescence de la violence en Colombie

par Editor, novembre 27 de 2019.

Recrudescence de la violence en Colombie

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par Editor

Malgré la baisse du taux d'homicides en 2017, aujourd'hui les victimes les plus représentées sont les paysans, les leaders sociaux, les minorités ethniques et les excombattants.

Par : Paz Y Reconciliación
https://pares.com.co/2019//07/07/la-reactivacion-del-conflicto-armado-en-cifras/
Traduit par: Martha Garcia et Paloma Labbe

Comme l’indique l’Institut Colombien de Médecine Légale dans son dernier rapport « Forensis », les chiffres des homicides de l’année 2018 en Colombie semblent mettre en évidence une recrudescence de la violence colombienne, en passant de 11.737 cas en 2017 à 12.130 en 2018. Apparemment, nous sommes en présence d’une nouvelle guerre qui vise les leaders sociaux, les personnes qui revendiquent des terres, les paysans, les  femmes et les hommes dans les territoires.

L’année 2018 a marqué la fin de huit ans durant lesquels le nombre d’homicides était en baisse constante. Durant cette année, 757 assassinats de plus ont été enregistrés par rapport à 2017, première année de la mise en œuvre des Accords de Paix avec les FARC, qui présente le taux d’homicides le plus bas de la décennie 2009 – 2018: 23.07. L’année 2009 compte le taux le plus élevé avec 39.39 assassinats pour cent mille habitants. La baisse la plus significative de la décennie est le recul de 1.668 homicides entre les années 2013 et 2014.

337 cas de paysans assassinés, 200 de personnes appartenant à des groupes ethniques, 70 de leaders sociaux, 99 de personnes déplacées et 56 de réinsérés ou démobilisés ont été enregistrés. Ce qui est un indicateur de la recrudescence de ce conflit.

On a constaté concernant l’agresseur que le profil le plus fréquent est celui-ci de l’agresseur inconnu, suivi par le conjoint ou l’ex-conjoint dans le cas des femmes victimes. La majorité des cas qui impliquent des hommes ont été inscrits comme violence interpersonnelle, alors que ceux impliquant des femmes sont classés comme violence intrafamiliale. La majorité des décès est due à l’utilisation d’armes à feu.

 La violence par régions

Les départements avec le plus fort taux d’homicides sont Arauca 59,10, Valle del Cauca 47,81 et Putumayo 46,53. En ce qui concerne les départements avec les taux les plus forts d’homicides parmi les hommes, Arauca avec un taux de 102,34, Valle del Cauca avec 91,50 et Putumayo avec 81,15 arrivent en tête.

Ceux qui comptent les taux d’homicides les plus forts parmi les femmes sont Putumayo en premier lieu avec un taux de 11,25, suivi par Caqueta avec 10,48 et par Cauca avec 8,01.

Le fait que ces trois départements se trouvent dans la liste des plus meurtriers pour les femmes est un indice du tournant que prennent les assassinats de femmes dans le pays. Le conflit armé connaît une recrudescence dans cette région. On peut le constater par la présence de dissidences des FARC, de groupes paramilitaires et aux groupes criminels impliqués pour le trafic de drogues, qui sont arrivés pour se disputer les territoires de la zone.

Par ailleurs, la volonté de développer des projets agroindustriels a fait surgir davantage de pressions sur le territoire. La voie publique a été la scène principale des faits pour les hommes et le lieu d’habitation pour les femmes. 70,23% des homicides sont commis dans la commune principale, 24,49% dans la zone rurale et 5,28% dans les villages. Ces pourcentages sont semblables pour les hommes et les femmes.

Au niveau communal nous avons trouvé que les plus forts taux d’homicides tous cas confondus sont ceux de Ituango avec un taux de 306,24 pour cent mille habitants, de Tibu avec 247,99 et de Taraza avec 233,04.

Les communes qui ont les taux les plus forts d’assassinats de femmes sont  Cravo Norte – Arauca, avec un taux de 122,85 ; Narino – Cundinamarca, à 58,89 et Hispania – Antioquia, à 84,07.  Ceux qui ont les taux les plus forts d’homicides chez les hommes sont Ituango – Antioquia, 544,11 ; Tibu – Norte de Santander, 431,68 et Taraza – Antioquia, 427,33.

Les femmes, cible militaire

Si l’on analyse les données selon le nombre de cas, on obtient des résultats différents : au niveau départemental, les trois départements avec  le plus grand nombre d’homicides sont Antioquia, 2275 cas ; Valle del Cauca, 2274 et Bogota D.C. 1089.

Les départements et les communes avec les taux les plus forts d’homicides sont révélateurs de ces régions où le conflit armé a été le plus insidieux durant l’année 2018. Cela nous indique aussi comment les femmes, leur corps et ce que leur vie signifie pour la communauté sont devenus une cible militaire.

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