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Culture de Paix

Avec la grève nationale, la Colombie est témoin des actions pacifiques de ses citoyen(ne)s et du changement social

par Redaction, janvier 13 de 2020.

Avec la grève nationale, la Colombie est témoin des actions pacifiques de ses citoyen(ne)s et du changement social

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par Redaction

La citoyenneté colombienne unie d’une seule voix à travers de l’art et du consensus fait une grève depuis le 21 novembre.

La citoyenneté colombienne unie d’une seule voix à travers de l’art et du consensus fait une grève depuis le 21 novembre. Un peuple qui ne compte pas retourner à la violence, qui revendique ses droits et se réclame divers. Une grève qui se maintient.

Décembre 2010
Auteurs : Ellen Henao, Andrés Felipe Paez

Les derniers mois ont témoigné une Amérique Latine où les personnes se révoltent contre les politiques qui ne favorisent que les grandes entreprises. Le Chili compte plus de 50 jours de grève qui a commencé pour l’augmentation du prix des transport en commun, les manifestations ont provoqué la décision de changer leur constitution. De sa part, l’Équateur s’est révolté contre les réductions des subventions aux carburants. Puis, en Bolivie les peuples autochtones continuent des actions contre le coup d’État qui a été fait contre Evo Morales. Ce sont des exemples de la façon dont les institutions financières internationales transgressent la souveraineté des nations en faveur des flux de capitaux transnationaux : l’augmentation des impôts aux travailleurs et la diminution de la charge fiscale des entreprises, la réduction des subventions de l’État à des secteurs comme la santé, l’éducation et la retraite, ainsi que la précarisation du travail et la privatisation du patrimoine publique. 

"Primera Linea", groupe d'artistes et citoyens uni.e.s pour défendre le droit de manifester durant la grève nationale.
Auteur : Rubén Torres

Des problématiques qui ne sont pas inhérentes à l’Amérique du Sud ; au Liban l’augmentation de la charge fiscale aux travailleurs. Puis, en France où le mouvement des Gilets Jaunes de 2018 a manifesté leur mécontentement avec la politique du gouvernement. Un désaccord qui continue cette année depuis le 5 décembre pour la réforme des retraites. Une “Grève Générale” qui vise des problématiques communes à diverses sociétés, dans des contextes propres à chaque peuple. L’année 2019 marque une année inoubliable quant à la mobilisation populaire tout au long de la planète, une possible nouvelle étape des peuples qui s’éveillent.

Auteur : @Smilelalis

En Colombie les syndicats de travailleurs, des paysans, les mouvements féministes et LGTBIQ, des communautés autochtones, des étudiants et des représentants politiques se sont réunis pour convoquer une grève nationale en le 21 novembre. La citoyenneté se reconfigure dans un contexte où la guerre n’est plus la priorité, commence à donner une lecture critique aux politiques sociales de l’État et demande des changements. Le président Ivan Duque est face à une nouvelle Colombie, qui ne veut plus se résigner à des mesures politiques qui ne leur conviennent pas. Un défi pour le président qui doit gouverner dans cette période de changement. 

Les tensions entre le gouvernement et la société ont augmenté à cause des réformes portant sur les lois fiscales, les conditions salariales et des retraites et du non-accomplissement des accords pactés en 2018 avec le mouvement d’étudiants UNEES. Celui-ci a alors appelé à manifester. Néanmoins, cet appel à manifester a été renforcé suite à une opération militaire qui aurait ciblé un chef criminel et huit mineurs et qui a amené à la démission du Ministre de la Défense, cet appel à manifester a été renforcé par les plus grands mouvements citoyens colombiens.

Une fois la grève convoquée, de nombreux sénateurs du parti du gouvernement, ont exprimé leur désaccord avec la même et ils ont médiatisé une sensation assez négative. Ils ont véhiculé des spéculations sur une présumée intervention des forces internationales de l’extrême gauche et des forces malfaisantes dans les manifestations. Ils ont également essayé de délégitimer la grève auprès de l’opinion publique et ainsi répandre la peur autour la grève. La réponse du peuple se résume dans la phrase :  “nous n’avons plus peur”.

Auteur : Rubén Torres Restrepo

De son côté, le président Ivan Duque a manifesté dans un communiqué son soutien au mouvement pacifique et au droit légitime du peuple à manifester dans les rues. Cependant, malgré son discours, deux jours avant la grève, la police a réalisé des perquisitions chez des collectifs artistiques qui préparaient les manifestations du #21N. Mercredi 20 novembre il y avait une sensation d’incertitude par rapport à la grève, les habitants des grandes villes comme Bogota ont constaté la militarisation des rues. Le jeudi 21 la place Bolivar de Bogota était prête pour recevoir les manifestants avec des membres de l’escadron mobile antiémeutes (ESMAD/ CRS en France) de la police.

#21NParoNacional / #21NGrèveNationale 

Le jour même de la grève nationale les citoyen(ne)s sont sorti(e)s dans les rues pour manifester leur désaccord envers le gouvernement. Les colombien(ne)s voulaient être entendu(e)s et ainsi exiger les revendications qu’ils proposent pour un pays juste, équitable et digne. Les manifestations ont commencé dans une ambiance calme, de courage d’un peuple qui ne veut plus continuer à vivre l’histoire violente du pays. Un processus de création a donné place à la dignité qui montrent actuellement les colombiens dans les rues du pays et à l’étranger. 

Les réseaux sociaux sont abondés d’images des marches pacifiques, des chants et des messages poignants contre les politiques d’un État inéquitable et qui ignore le peuple. La grève a un caractère de collectivité et de dignité difficile à oublier. Des milliers de syndicalistes, de travailleurs, des pères et mères de famille, des groupes d’étudiants, des LGTBIQ, des artistes et les gardes indigènes de plusieurs territoires de toutes les villes et les villages se sont réunis. 

La force des manifestations a été déposée dans les actions des gens qui levaient les mains devant les policiers ou les saluaient en signe de paix, montrant qu’ils font aussi parti du peuple. Ce jeudi l’ambiance a été tendue notamment à Cali et à Bogotá, où les forces de l’ordre ont intervenu dans des cas de vandalisme isolés de la marche pacifique. Des groupes de défenseurs des droits humains ont considéré leurs actions comme un usage disproportionné de la force.


Bien qu’en fin d’après-midi les médias traditionnels aient orienté l’attention vers des multiples vidéos des rares altercations à l’ordre, le bilan était optimiste et l’avis général était celui d’une grève menée de manière pacifique. Le soir du #21N dans les quartiers du pays un bruit s’est propagé. Sortant de leurs maisons, les colombiens de toutes les classes sociales ont commencé à faire sonner leurs casseroles, inspirés par les grèves de toute l’Amérique Latine, un “cacerolazo” a commencé. Les voisins se sont alors rencontrés dans les rues et cet acte est devenu le symbole de la grève dans le pays.

La grève a été le moyen des groupements sociaux et syndicales, pour se rencontrer et mettre en place des stratégies de travail ensemble. Ainsi que définir des objectifs communs d’une société qui évolue. Un appel à grève s’est fait pour le mardi 21 janvier, pour continuer ce travail important de construction sociale.

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