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Depuis la Diaspora

Indignation par la visite de la Vice-présidente Marta Lucía Ramírez à Paris. La diaspora Colombienne s’exprime.

par Diaspora Colombienne, octobre 9 de 2021.

Indignation par la visite de la Vice-présidente Marta Lucía Ramírez à Paris. La diaspora Colombienne s’exprime.

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par Diaspora Colombienne

La visite de la Vice-présidente de Colombie Marta Lucía Ramíez à Paris a généré une forte indignation dans la diaspora colombienne. Les raisons sont multiples.

(Communiqué en espagnol: https://www.pazport.press/?p=3685 )

La visite de la Vice-présidente de Colombie Marta Lucía Ramírez à Paris a généré une forte indignation chez la diaspora colombienne.
Les raisons à l’origine de cette indignation sont nombreuses. La communauté colombienne résidente en France y en Europe se prononce face à cette visite à travers d’une lettre ouverte.

La diaspora mobilisée. Photo archives. Photo: Rodolfo Yépez Lacouture.

Paris, le 07 octobre 2021

La diaspora colombienne, des organisations de la société civile ainsi que d’autres collectifs signataires de cette lettre expriment leur profonde inquiétude par rapport à la visite officielle en France de la vice-présidente et chancelière colombienne Marta Lucía Ramírez. 

Le gouvernement colombien, par le biais de visites d’état à l’étranger, prétend vanter le modèle de gouvernance publique utilisé en Colombie devant la communauté internationale, contribuant avec un cynisme extrême à la création d’une fausse image du pays alors que la corruption et l’impunité y sont endémiques, et que ne cessent de se produire de graves violations des droits humains et l’assassinat de leadeur.es sociaux, de défenseur.euses des droits humains et de la paix.  

Liste des leaders sociaux assassinés depuis la signature des accords de paix.

Au moment de la rédaction de ce communiqué et depuis janvier 2021, 133 leadeur.es sociaux et défenseur.euses de droits humains ont été assassiné.es (Indepaz, 2021). La Colombie est le pays avec le plus grand nombre d’assassinat des défenseur.se.s de l’environnement (Global Witness, 2021) et a le chiffre le plus élevé des personnes déplacées en interne au monde, soit plus de 8 millions de cas à la fin de l’année 2020 (CIDH, 2021). Au-delà de ces chiffres, la diaspora colombienne en France refuse que la Colombie continue a être gouvernée par des personnes et des groupes politiques qui ne sont pas aptes aux postes étatiques de par leur manque d’intégrité et d’éthique. Ces groupes continuent à s’enrichir, comme le montrent plusieurs enquêtes, aux dépens du peuple qu’ils sont censés représenter, soutenir, protéger et défendre. La vice-présidente et chancelière n’est pas étrangère à ce phénomène. Plusieurs scandales mettent en cause sa gestion et son aptitude pour occuper ses charges dans le gouvernement : l’implication de son frère et sa famille dans des activités liées au trafic de drogues, l’implication de l’époux de sa nièce dans le cas d’exécutions extra-judiciaires (Voragine, 2020) et encore l’apparition de son nom dans l’affaire récente de « Pandora Papers ». 

Nous condamnons également son impunité face à son rôle présumé dans l’ « Opération Orion » (Octobre 2002). Dans cet opération militaire, le gouvernement colombien, en connivence avec des groupes criminels et paramilitaires, a fait une incursion militaire dans la Commune 13 de la ville de Medellín, résultant des centaines de victimes de la population civile habitant la commune. Dans cette opération, 88 personnes ont été assassinées, 370 ont été arrêtées arbitrairement et au moins 100 personnes ont disparu. Marta Lucía Ramírez était à l’époque Ministre de la défense et a participé à la mise en place de la « politique de sécurité démocratique » du gouvernement de Álvaro Uribe Vélez qui donne origine à ce type d’interventions. D’ailleurs, pendant ce mandat, a été décrétée l’état d’exception (Décret 1837 de 2002) qui a permis au DAS (services de renseignement colombien) des activités plus que douteuses. En 2016, la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme a condamné l’État colombien pour la violation systématique des droits humains dans la Commune 13 de Medellín dans le cadre des Opérations « Mariscal » et « Orion » menées en 2002. Malgré cela, les auteurs matériels et intellectuels n’ont pas encore été découverts. En ce qui concerne l’actuelle vice-présidente, son rôle dans lesdites Opérations militaires n’est pas encore claire faute d’enquêtes judiciaires impartiales à son égard. Au contraire, elle nie les chiffres des personnes disparues et assassinées à l’époque alors qu’ils sont bien documentés par de nombreuses ONG. De plus, il est nécessaire de souligner que la Comuna 13 continue d’avoir des taux élevés d’homicides, de déplacements et de confinement en raison des frontières invisibles qui ne permettent pas le passage d’un quartier à l’autre, selon les informations fournies par les organisations locales, le bureau du procureur général et l’unité des victimes. Aussi, depuis la diaspora colombienne en France, nous disons #OrionNuncaMas” (Orion plus jamais). 

Il convient aussi de rappeler que l’État colombien nie sa responsabilité dans les graves violations des droits humains commises lors des mobilisations sociales commencées en avril 2021 et dont la CIDH a fait état dans son rapport de juin 2021. L’État colombien ne remplie toujours pas (ni semble vouloir le faire) son obligation de protéger la population colombienne conformément aux conventions et traités internationaux relatifs aux droits humains et qui ont été ratifiés par la Colombie. Il refuse également de mettre en œuvre les recommandations faites par la CIDH au gouvernement Duque après sa visite dans le pays en juin 2021, choisissant en revanche de stigmatiser et discréditer le travail de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme.


En tant que diaspora colombienne en France, nous demandons instamment au gouvernement français de condamner fermement les graves violations des droits humains en Colombie ainsi que l’implication présumée de la vice-présidente/chancelière dans les affaires mentionnées ci-dessus : liens avec le trafic de drogue, responsabilité dans l’Opération Orion, mention dans les “Pandora Papers”, responsabilité dans les violations des droits humains lors de la dernière grève nationale, actes et politiques graves contre l’environnement et la santé (épandage de glyphosate, fracking, etc) pour ne citer que ces faits. 

Nous demandons également à la communauté internationale d’accompagner la mise en place des Accords de La Havane, des mécanismes du Système Intégral de Vérité, Justice, Réparation et non répétition (Commission pour l’Éclaircissement de la Vérité; Juridiction Spéciale pour la Paix; et l’Unité de recherche des personnes disparues). Nous demandons aussi un accompagnement  lors du processus électoral qui aura lieu en 2022, par des missions de vérification et de contrôle du logiciel de la “Registraduría” afin de bénéficier d’élections transparentes au sein desquelles la démocratie puisse s’exprimer. 

Nous regrettons que les visites du gouvernement colombien deviennent de plus en plus secrètes, se cachant et excluant la Diaspora de toute possibilité de rencontre et de dialogue. Ce comportement est un signe très clair de la nulle volonté politique de dialogue, paix et réconciliation que le gouvernement Duque porte. 
En tant que diaspora colombienne, nous sommes convaincu.e.s que le dialogue, l’empathie, la justice sociale et le respect des droits humains sont des piliers nécessaires pour la construction d’un pays plus juste, digne et en paix. 

Organisations et collectifs signataires:

  • Assamblée Citoyenne France 
  • Association Ciudadanías por la Paz de Colombia -France
  • Association France Colombie Solidarité – Lyon
  • Association Internacional de Derechos Humanos y Desarrollo Social (AIDHDES) -Genève. 
  • Association Kolumbienkampagne – Berlin.
  • Association la Diaspora Culturelle Colombienne à Tours (D.C.C.A.T)- Tours
  • Association TEJE FRANCE
  • Association franco latino-américana Magdalena – Toulouse
  • Ceiba vieja- Genève.
  • Colombia Humana Francia
  • Diaspora y Paz
  • El Círculo del Trastierro
  • El Congreso de los Pueblos Europa – CDP Europe 
  • Feministas y Plebeyas Internacional 
  • France Amérique Latine- Gentilly 
  • La Milonga -Fontenay sous Bois.
  • Marcha Patriótica Internacional 
  • Red Internacional de Colombianos.
  • SOS Colombia – Perpignan
  • Théâtre d’Or – Boussac-Bourg 
  • Tribunal International d’Opinion – Affaire Sud de Bolivar (Colombie) – France

(Si vous souhaitez signer en tant que collectif ou association en France ou Europe, écrivez nous à info@ciudadanosporlapazdecolombia.com)

Sources :    

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